Samedi 14 février 2009
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Par Padraig De CHEMOULIN
Intervention de Hugues Autret,
Secrétaire général du Comité Local des Pêches
C'est dans le cadre d'une information aux élus que Hugues Autret, Secrétaire Général du Comité local des Pêches s'est exprimé, hier soir avant que ne se déroule le Conseil Municipal.
Nous donnons le contenu de son intervention.
« Notre propos ce
soir est surtout de lever certaines ambiguïtés et d'être clairs et nets, parce que ce que l'on voudrait surtout pas, nous les pêcheurs du Croisic, tenir une sorte de cheval de bataille politique
qui puisse servir aux uns et aux autres à créer les pires difficultés. Ça on ne l'acceptera pas parce que c'est déjà pour nous extrêmement dur d'avoir à renoncer à notre criée.
Mais il faut être logique, faut être comptable, tout seuls comme nous le sommes aujourd'hui, on ne peut plus s'en sortir.
Si nous avions pu reprendre... et même si la CCI nous avait laissé tomber, par perte d'argent, par manque de rentabilité.
Nous avons regardé si nous pouvions reprendre à notre propre compté la criée ; on ne l'a pas fait parce que nous avons compris que c'était mission
impossible.
Ce n'est pas la peine de s'acharner, de faire de l'acharnement thérapeutique pour se retrouver avec une multiplication des pertes, et ça n'est pas simple de
reprendre une criée.
Il faut savoir que c'est la propriété du département, que les échanges de concessions se font par appel d'offres, et il y avait aussi un gros risque de ce point de vue.
Tout cela a été mûrement réfléchi, le constat c'est qu'il fallait bien passer à autre chose.
Ce n'est pas la faute de la mairie qui ne se serait pas battu pour les pêcheurs du Croisic.
C'est la faute d'une conjoncture économique terrible, c'est la faute d'un acharnement européen à vouloir exterminer la pêche en Europe avec la complicité de
beaucoup « d'environnementalistes », il ne faut pas le cacher ; et cela dans une incompréhension totale... depuis une vingtaine d'années nous subissons un harcèlement constant qui amène beaucoup
de pêcheurs aujourd'hui à se dégoûter du métier.
Le métier est devenu épouvantable en raison de toutes les contraintes qui sont imposées aux marins
des contrôles en mer qu'on ne peut plus comprendre et je peux vous assurer que si la lutte antidrogue était menée avec autant de sagacité que le contrôle de la pêche certainement qu'aujourd'hui
il y aurait des résultats qui tomberaient !
Donc tout cela amène nos marins à s'épuiser, à ne plus recommander ce si beau métier, on perd les jeunes, on perd des bateaux, on perd des poissonniers. En résumé
c'est la conjoncture qui nous fait souffrir aujourd'hui.
Le problème n'est pas que Croisais mais concerne toute les façades maritimes.
Partout on parle de concentration de l'offre et la demande pour faire des économies d'échelle et que pour les points de vente qui subsistent ait une certaine
rentabilité.
Tout cela ne nous fait pas plaisir ! On était très attachés à notre criée.
Maintenant on va passer à autre chose.
On accepte ce qui a été décidé, après s'être réunis deux fois en assemblée générale.
A chaque fois les questions ont été proprement posées et c'est la mort dans l'âme qu'il faut se plier à la logique.
Cette logique effectivement c'est concentrer l'offre et la demande en Pays de la Loire,
c'est d'aller vers une criée que je n'appelle pas la criée de La Turballe mais que j'appelle la criée de Loire Atlantique. Elle sera située à La Turballe parce qu'il y a un poids économique plus
important, il y a encore une cinquantaine de navires.... Et il y a des problèmes économiques, politiques et routiers.
Alors aujourd'hui, pour nous, l'heure n'est pas à la polémique ni aux règlements de compte !
L'heure est de faire que cela puisse fonctionner.
Croyez que ce ne sera pas facile !
• L'important pour nous c'est de faire en sorte que ce point de débarquement au Croisic puisse participer au maintien de la flottille aux bords de nos quais, c'est là dessus que nous nous
battons.
• Que le poisson soit vendu à la Turballe c'est un fait, ce que nous ne voulons pas c'est que notre flottille se disperse, s'expatrie. Ce point de débarquement est
fondamental, il faut qu'il soit bien équipé.
On est fiers d'avoir le soutien du Conseil Général qui a affirmé vouloir maintenir l'existence de deux ports de pêche en Loire Atlantique... on compte bien
s'appuyer là dessus.
C'est une décision forte. On veut avoir les moyens pour maintenir la flottille.
En résumé nous ne voulons plus entendre de polémiques malsaines par presse interposée, c'est trop facile de régler des comptes en faisant de reproches aux uns et
aux autres de ne pas avoir fait ceci ou cela, c'est complètement insupportable parce que le problème est suffisamment compliqué pour faire sur notre dos de vilaines polémiques
politiciennes.
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